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Nouvelles, météo, horoscope, résultats de loterie, finances, sports, et une chaîne vidéo qui enchaîne toute seule dans le terminal : pas de liste, pas de durée, et elle ne vous envoie pas ailleurs.
Réseau Inter-Système
Au début des années 1990, le téléviseur du salon savait faire autre chose que de la télévision. On composait un numéro à deux chiffres et une mosaïque de cases colorées s'ouvrait : les nouvelles, la météo, l'horoscope, des jeux auxquels on jouait à plusieurs devant le même écran.
RetroHub le rallume. Tout y est dessiné pixel par pixel — aucune police du système, aucune image importée. L'écran fait 320 sur 240 points, la palette compte seize teintes, et la fonte a été tracée à la main, accents français compris.
Nouvelles, météo, horoscope, résultats de loterie, finances, sports, et une chaîne vidéo qui enchaîne toute seule dans le terminal : pas de liste, pas de durée, et elle ne vous envoie pas ailleurs.
Le Pendu, le Tac-o-Tac, Croc-o-math, le Questionneur, le Yum, Problèmes, le Backgammon, la Pyramide, Tape-Brique, Zipper, les Quilles, Bizz-Billes et Onyx. Des lettres, des dés, des cartes, un plateau, de l'adresse et un billard électrique — et plusieurs se jouent à deux devant le même écran, comme à l'époque.
La même application sert le téléphone, la tablette, l'ordinateur et le téléviseur. À la télécommande, les chiffres composent un service et les flèches déplacent le curseur.
Tous sont dessinés à la main, à la même échelle que le reste du terminal. Les images ci-dessous sont rendues à même le code de l'application : c'est exactement ce que vous verrez.
Vous tracez, et tout ce que vous tracez peut se défaire. Parcourir un côté le referme ; le reparcourir l'ouvre. Une zone entièrement bordée est acquise pour de bon et devient un chemin sûr. Pendant ce temps une bestiole défait votre travail — et elle vous sent de plus en plus loin à mesure que les tableaux montent.
Dix quilles, dix carreaux, et le pointage du salon : l'abat se paie sur les deux boules suivantes, la réserve sur la suivante. La boule se place sans hâte — c'est la seule étape où le temps ne compte pas — puis il faut choisir l'élan, et l'effet.
La raquette, la balle, un mur qui s'effrite. Chaque tableau change de dessin, et certains vous regardent : un bonhomme ferme les yeux, un poisson vous suit.
Deux joueurs, un temple grec, et des questions par centaines. On choisit la longueur de la joute avant de commencer. Une roulette décide parfois ce que la question vaut, et une mauvaise réponse peut ouvrir le point à l'adversaire.
Un parcours au dé, sous cloche, à quatre couleurs. On choisit combien de joueurs et combien d'ordinateurs. Tomber sur un pion adverse le renvoie, et il faut le compte exact pour rentrer.
Le plateau, les vingt-quatre flèches, la barre et la sortie. L'adversaire ne joue pas au hasard : il explore les suites avant de répondre.
Une roue tire une couleur, vous enlevez un losange de cette couleur, et ce qui reposait dessus tombe — la vôtre comme celle des autres. Sept tablettes à descendre, et la bille ne tombe jamais droit : elle arrive sur une pointe et verse d'un côté ou de l'autre. Chacun choisit sa couleur de billes au départ, et la partie dure une, trois ou cinq manches.
Un billard électrique, relevé point par point sur son meuble d'origine. Une tirette, deux palettes, cinq billes. Les plots repoussent, les lance-pierres catapultent, les barres blanches se couchent une à une, et la plaque du haut retient la bille trois secondes avant de la relancer très fort.
Un mot à deviner, lettre par lettre, et un clown accroché à ses ballons. Chaque erreur en crève un.
Une opération à trou, un papillon, et un crocodile qui attend en dessous. Répondez juste et le papillon remonte.
Et aussi : le Tac-o-Tac, le Yum et la Pyramide, avec un adversaire qui réfléchit.
Plusieurs jeux se jouent à deux, chacun sur son appareil : on se dit six lettres, ou on se laisse apparier avec quelqu'un qui cherche la même partie. Aucun compte n'est nécessaire pour jouer — il en faut un seulement pour porter son nom plutôt qu'un surnom d'époque, et pour retrouver ses dernières parties d'un appareil à l'autre.
Plusieurs jeux tiennent un tableau des meilleurs, et le premier n'y est pas numéro un : il est grand maître. Le tableau se regarde sans compte.
RetroHub imite un terminal qu'on ne trouvait nulle part ailleurs que branché derrière le téléviseur du salon. Il y retourne : sur Google TV et Android TV, et sur Apple TV. Même application, même adresse de boutique — c'est le téléviseur qui la reconnaît et l'affiche à sa façon.
Tout se pilote à la télécommande, sans jamais toucher l'écran. Les consignes du bas changent d'elles-mêmes pour parler des flèches et du bouton central plutôt que du doigt, et la mosaïque se parcourt case par case, comme elle se parcourait.
Et il n'y a aucune publicité sur un téléviseur. Pas une bannière, pas une vidéo, pas même la question du consentement : l'application la referme dès qu'elle reconnaît un écran de salon. Les jeux y occupent la dalle entière.
À plusieurs devant le même écran, ou chacun sur son appareil — un téléphone contre un téléviseur, c'est la même partie.
Gratuite, financée par la publicité. Aucun compte, aucune inscription, aucune adresse à donner.